Témoignages

Riitta Ruuskanen / Siikainen / Finlande / 09-02-2016

Voici une photo de gens qui ont probablement survécu à la collision entre l’Empress of Ireland et le Storstad. Le frère de mon grand-père se trouve à droite de la photo; il porte un veston gris pâle. Il s’appelait Arvid Ekqvist et était né en Finlande.

La tragédie a fait de nombreuses victimes, comme nous le savons maintenant. Parmi les passagers se trouvaient plus de 90 immigrants finlandais qui rentraient en Europe. Seulement 21 de ces derniers survécurent au naufrage. Arvid Ekqvist était l'un de ceux-là. L’histoire raconte qu’il a dérivé sur une pièce de bois pendant deux jours avant d’être rescapé. Il est finalement retourné en Europe à bord de l’Alsatian.


Reg Mayhew / St. Albans, Hertfordshire, Angleterre, U.K. / 02-10-2015



Annie Emma Jane Rampling, ma première cousine au troisième degré, était une survivante de l’une des plus grandes catastrophes maritimes de l’époque, i.e. l’"Empress of Ireland" qui a sombré dans la voie maritime du St-Laurent le 29 mai 1914.

Annie est née de l’union entre George et Elizabeth Rampling au Lowestoft, Suffolk en 1871. Elle maria George Ernest Cook à Hull, Yorkshire vers la fin de 1891. Un fils, Reginald est né autour de 1893 et la famille déménagea à Winton au Bournemouth. En 1911 la famille (incluant une fille, Lily, et un autre fils) émigrèrent à Vancouver, Canada, où ils vécurent au 4755 Commercial Street. Au début de 1914, Annie fut informée que sa mère était malade et décida de faire le long voyage de retour vers l’Angleterre afin de la revoir, voyageant comme passagère en seconde classe à bord de l’"Empress of Ireland".

L’"Empress of Ireland" a été heurtée par un charbonnier norvégien durant sa seconde nuit de voyage et sombra, avec 1012 vies perdues. Annie faisait partie des survivants chanceux, contrairement aux autres dames elle ne s’arrêta pas pour s’habiller et se dirigea vers le pont immédiatement. Pendant que le navire chavirait, elle s’accrocha aux rails en espérant garder son équilibre jusqu’à ce qu’elle trouve un canot de sauvetage à proximité. Cependant, le navire vacilla et la jeta à la mer, où elle a été retirée de l’eau par un des canots de sauvetage qui réussit à s’éloigner en sécurité.

Annie a été retournée par train vers Toronto puis Vancouver – Je ne sais pas si elle a réussi à voir sa mère malade, Elizabeth, qui mourut en 1917.

Annie mourut à Vancouver, le 26th février 1964.

Valentine Watson Rodger / London, Ontario, Canada / 09-02-2015


Mlle Alma Assafrey naquit en 1888 dans la ville de Glasgow, en Écosse, où son père, d’origine russe, était chocolatier, confiseur et restaurateur.

Alma fit des études de peinture et de dessin à l’École des Beaux-Arts de Glasgow. En 1913, elle se fiança avec l’un de ses professeurs, Alexander J. Musgrove qui, à l’âge de 31 ans, venait d’être nommé premier directeur de la nouvelle École des Beaux-Arts de Winnipeg, au Manitoba. M. Musgrove entra en fonction à Winnipeg le 27 juin 1913. Mlle Assafrey vint le rejoindre en avril ou mai 1914. Cependant, une fois arrivée, elle décida de rentrer chez elle et périt le 29 mai dans le naufrage de l’Empress of Ireland. M. Musgrove vint à Rimouski pour identifier sa fiancée, qui fut enterrée dans sa ville natale.

Gus Carroll /Los Gatos, Californie, États-Unis / 02-02-2015


George Clement Richards et Sarah Street Richards, ainsi que leur nièce Mlle M Gray et sa jeune fille Mary, périrent lors du naufrage de l’Empress  of Ireland le 29 mai 1914.

La famille Richards était en voie de s’établir à Terre-Haute, dans l’état de l’Indiana aux États-Unis. Ils voyageaient en direction de Liverpool pour ensuite se diriger à Sheffield, où ils avaient vécu avant d’émigrer en Amérique.

Violet, la plus jeune fille de George et Sarah, épousa Chester A. Filson. Ils vivaient aussi à Terre-Haute. La seule fille du couple, Florence V. Filson, était très amie avec sa cousine Mary Gray. Ironiquement, Florence avait été invitée à faire partie du voyage mais pour une raison inconnue, elle refusa l’invitation. De plus, à l’origine, leur traversée aurait dû avoir lieu une semaine plus tôt, mais une urgence familiale avait retardé leur départ.



Après la tragédie, deux des fils de George and Sarah se rendirent à Rimouski afin d’identifier les membres de leur famille. Ils y séjournèrent deux semaines mais ne purent identifier que Sarah. Le jour qui suivit le départ des deux frères qui ramenaient le corps de leur mère, des gens qui travaillaient au sauvetage ont cru avoir trouvé le corps de la petite Marie. Cependant, quand la dépouille arriva à Terre-Haute ils constatèrent qu’il ne s’agissait pas d’elle.  Le corps de George fut trouvé à la mi-juillet, mais nous ne saurons jamais si les dépouilles des deux petites nièces (Gray) furent retrouvées.

Florence, la petite-fille de George et Sarah, après des études collégiales, fit carrière dans l’enseignement de l’histoire et de l’anglais. En 1939, elle épousa Gus Holbrook Carroll, de York South en Caroline, et ils s’établirent dans la région de Chicago. Ils eurent deux enfants,  Sarah Florence et Gus Filson.

Marcia Brierley /Winnipeg, Manitoba, Canada / 25-01-2015

Voilà une photo de mes grands-parents (amma and afi, en islandais) qui étaient à bord de l’Empress of Ireland quand il a fait naufrage. Cette photo de Tilly Anna (Sigurdson) Peturson et Hannes Peturson  a été prise juste avant leur départ de Winnipeg pour aller prendre le navire.

Grand-mère Tilly est née le 13 avril 1887 et est décédée le 3 février 1971. Grand-père Hannes, quant à lui, est né le 10 avril 1880 et est mort le 9 juin 1961. Ils étaient tous les deux originaires d’Islande et pensaient peut-être aller s’y établir. Malheureusement, amma n’a jamais raconté comment ils avaient été rescapés. La seule chose qu’elle a dite c’est qu’elle pouvait nager, mais que grand-papa ne le pouvait pas. Elle a aussi dit qu’ils avaient été amenés au village le plus proche, qu’on leur avait donné des vêtements et qu’ils avaient été retournés à Winnipeg en train.  Ils n’allèrent jamais en Islande.

Tilly et Hannes ont eu une fille, Una Maria, ma mère.

Susan Brazeau /Kenora, Ontario, Canada / 17-07-2014

Deux des passagers de l’Empress of Ireland, Annie Dargue et Overend Brown, de Kenora en Ontario, voyageaient en deuxième classe en direction de l’Angleterre pour se marier dans la ville natale de la future mariée. Annie et Overend n'arrivèrent jamais à destination. Ils périrent tous les deux lors du naufrage.

En ce moment particulier de notre histoire, il est de bon aloi de se souvenir d’eux. J’ai d’abord voulu en apprendre plus à leur sujet; pour ce faire, j'ai commencé mes recherches sur Internet en consultant les sites dédiés à l’Empress of Ireland. Par la suite, j’ai fouillé les archives gouvernementales, les documents écrits, les photos et les arbres généalogiques sur [ancestry.com/ca network], ainsi que [MyHeritage], les articles de journaux et [findmypast.uk.com]. Finalement, j'ai communiqué avec deux chercheuses qui étaient les grandes-nièces d’Annie Dargue, mais elles ne connaissaient rien de l’Empress of Ireland et de leur lien avec le navire! Le nom de fille d’Annie Dargue était Annie Isabella Barrass; elle était originaire de  Bishop Wearmouth Parish, à Durham, en Angleterre, et la fille de William Barrass et  d'Annie Lashley. Elle avait plusieurs frères et sœurs, mais il semble que seule  Annie soit venue au Canada.

Elle épousa Joseph Dargue en juin 1891. Ils eurent deux enfants, mais seulement un nom, celui de Marion, née en 1896, est inscrit dans les registres. Ils s’installèrent au  Canada, mais je n'ai trouvé aucune liste de passagers de navire faisant mention de leur passage, jusqu’en 1907, année où Joseph mourut. L’histoire familiale dit que Joseph était venu en Ontario pour y enseigner. Lui,  Annie et Marion vécurent surtout à Kenora, avant 1907. Un article de journal (probablement de Kenora) fait mention de la mort de Joseph. Il semble qu'il travaillait pour le Canadien Pacifique  à Kenora, à ce moment-là, mais qu’il avait envisagé de faire une « mission indienne le long de la rivière » avant de s’établir à Kenora. Le 29 novembre 1907, il mourut coincé entre deux wagons alors qu’il traversait la voie ferrée pour se rendre au bureau. Il laissait derrière lui sa femme et deux enfants, mais leurs noms n’étaient pas mentionnés dans le journal. L’article relate aussi qu’il faisait partie des francs-maçons et qu’il était connu et apprécié dans la région de Kenora. Joseph Dargue repose au cimetière de Lake of the Woods. Je suis régulièrement passée, sans le savoir, près de sa tombe en allant visiter celle de mes ancêtres Davies, qui sont enterrés non loin de lui. Je le saluerai la prochaine fois que j’y serai!

Je n’ai trouvé aucune autre mention d’Annie et de ses enfants jusqu’à son décès lors du naufrage de l’Empress of Ireland. Après la tragédie, la liste des passagers et des membres d’équipage fut publiée dans plusieurs journaux du Canada et des États-Unis. Un article dans le Winnipeg Free Press du 4 juin 1914 mentionne  que deux belles-sœurs d’Annie vivant à Winnipeg (les sœurs de Joseph, Hannah Patterson et Elizabeth Kirkpatrick, qui avaient elles aussi déjà vécu à Kenora avec leurs familles) se rendirent à Québec avec Marion, pour identifier les corps et organiser les funérailles. C’est à ce moment que la mention de la relation d’Annie et Overend Brown apparait, ainsi que le but de leur voyage. La dernière information que j’ai trouvée au sujet de la famille Dargue datait de 1916 et on y indiquait que Marion, alors âgée de 20 ans, vivait à Winnipeg avec des membres de la famille Kirkpatrick.

Malheureusement, mes recherches ne m’ont pas appris grand-chose sur Overend Brown. Un article dans le Kenora Miner and News l’identifiait comme un employé du CPR, un jeune homme populaire, et un compteur doué qui venait de gagner un concours, avec son groupe, la semaine précédente.

Je ressens un lien avec Joseph, Annie et Marion. Nous avons un lien commun avec Kenora. Mes recherches m’ont donné l’occasion de me rapprocher d’eux et de les connaître, même si ce n’est qu’un tout petit peu. Joseph a sans doute emprunté les mêmes rues que moi à Kenora, quand je l’ai fait, cent ans plus tard…. M. Overend s’est peut-être arrêté au Kenricia pour prendre une tasse de thé et Annie a dû utiliser les services du bureau de poste pour correspondre avec sa famille en Angleterre! Et…peut-être que Marion est allée à la même école, dans les mêmes classes que moi… Elle a peut-être salué les trains qui passaient et…ils l’ont saluée en retour….Ils ont sans doute connu mes ancêtres et ceux des gens qui habitent encore Kenora. Oui, je ressens un lien avec ces gens!

Geoff Roberts /High Peak, Angleterre / 25-06-2014

Samuel Furniss était le grand-père de ma femme Jill. Il a survécu au naufrage de l’Empress of Ireland.

Samuel George Furniss était né en 1878 dans le charmant village du Derbyshire, Ashford-in-the-Water. Fils d’une longue lignée de fermiers, il quitta Ashford dans les années 1890 pour aller à  Manchester, où il travailla comme boucher. En 1906,  il épousa sa première femme, Rachel, avec qui il eut deux enfants au cours des années qui suivirent. En 1911, la famille retourna dans le Derbyshire, où Samuel travailla encore comme boucher à Great Longstone. Peu de temps après, ils retournèrent là où Samuel était né, à Ashford, où ils s’occupèrent du pub du village, le Bull’s Head, qui était situé dans le centre du village.

En 1913, la tragédie les frappa.  Rachel eut la scarlatine et mourut 4 jours après que la maladie se soit déclarée. Elle avait 29 ans. Samuel se retrouva seul avec ses deux jeunes enfants. Quelques mois plus tard, sa situation s'améliora lorsqu'il épousa Dorothy Essex, l’enseignante de ses enfants,  en mars 1914.  Un mois plus tard, le 14 avril, Sam quitta l’Angleterre à bord de  l’Empress of Britain, en direction du Canada. Nous pensons qu’il avait l’intention d’y trouver du travail et, par la suite, faire venir sa nouvelle  femme et ses enfants. Cependant, les projets de Samuel changèrent puisqu’il ne resta au Canada que 6 semaines. Il embarqua sur l’Empress of Ireland pour retourner vers Liverpool.  Un journal de l’époque avait alors écrit qu’il avait décidé de retourner en Angleterre pour des raisons de santé, mais l’histoire familiale raconte plutôt qu'il était à court d’argent!

Peu importe la raison de son retour au pays, Samuel partit de Québec sur l’Empress of Ireland le 28 mai 1914, pour cette fatidique traversée du paquebot. Un journal  rapporta son sauvetage et son retour à la maison. Par la suite, Samuel travailla comme fermier dans plusieurs parties du Derbyshire et du Cheshire. Dorothy et lui eurent 5 autres enfants. Il mourut à 83 ans, en 1961.

Jill Grafton /Liverpool, Nouvelle-Écosse, Canada / 11-06-2014

L’arrière-grand-mère de mon mari, Susannah Caroline Grafton, que ses amis appelaient Cary, était à bord de l’Empress of Ireland en mai 1914. Elle voyageait en deuxième classe. Elle était née en 1835, à Bethnal Green, à Londres, dans une famille de tisseurs de soie.

Son mari, Henry John Grafton, mourut en 1884. Mme Grafton émigra au Canada vers 1885-86 avec sa fille et ses trois fils. Ils s’installèrent sur l’ile de Bowen, près de la côte de la Colombie-Britannique. Mme Grafton, Will, Tom, David et Susy ont été des pionniers sur Bowen. Ils y avaient une ferme et s’adonnaient aussi à la pêche.

Cary faisait alors partie de l’Armée du Salut et était considérée comme une femme d’agréable compagnie.
En 1914, alors qu’elle avait 78 ans, elle entreprit un voyage qui devait la mener en Angleterre, où elle n’était pas retournée depuis presque 30 ans! Elle devait se rendre à Londres pour rendre visite à sa sœur. Elle ne s’y rendit jamais puisqu’elle fut l'une des victimes du naufrage. Son corps ne fut jamais retrouvé.

C’est elle, alors âgée de 62 ans, que l’on peut voir à l’avant de cette photo prise en 1898, accompagnée de ses enfants Tom, Susy et Will.

Dennis Hanagan /Toronto, Ontario, Canada / 05-06-2014

Mon grand-oncle, Ted Hanagan, était le chef d’orchestre de la fanfare de l’Armée du Salut sur l’Empress of Ireland. Sa femme Edith et lui périrent lors du naufrage. Ils laissèrent derrière eux leur petite fille, Grace Hanagan, qui survécut et fut élevée par les parents de mon père, Herbert Hanagan, selon moi sur l’avenue Oakwood, à Toronto.

Quand j'étais enfant, je considérais Grace comme ma tante, même si elle était ma grande cousine!
Pendant de nombreuses années, jusqu’à sa mort en 1995, Grace déposa une couronne de fleurs, à chaque année, au cénotaphe de l’Empress of Ireland, au cimetière Mount Pleasant.

À ce que je sache, je suis le dernier parent de Grace Hanagan encore impliqué dans l’Armée du Salut. Je ne suis pas marié, n’ai pas d’enfants et j’ai 61 ans.

Laurence Grigg /Calgary, Alberta, Canada / 23-05-2014


James et Pricilla Grigg étaient mes arrières-grands-parents. Ils étaient passagers à bord de l’Empress of Ireland et ont tous les deux péri lors du naufrage. Je vous fais parvenir une copie d’une carte postale qu'ils avaient envoyée à leur fils aîné, Oliver. La carte est datée du 28 mai 1914 et le tampon de la poste “ Quebec, P.O. ” confirme cette date. Le deuxième tampon, de Chilliwack, en Colombie-Britannique, est daté du 2 juin, date à laquelle la carte a été reçue. J’en déduis que la carte a été envoyée du navire peu avant son naufrage et qu’elle risque de faire partie des dernières choses à avoir quitté le paquebot… Bizarrement, je n’ai jamais eu l’occasion de voir une telle carte parmi les autres cartes postales de l’Empress of Ireland. Je sais que d’autres cartes existent mais je crois que celle-ci est rare. En voici la transcription :




Quebec May 28th, 1914

Dear Son & family,

Just a line. This is a picture of the ship we are sailing on today for Liverpool.

I hope you are all well. We have had a good time so far. [Not] seeding here yet,
has been cold [and] today.

I will write again when we reach England. Quebec is
an ancient city and [we] saw the old walls and Battle fields.

From your loving father and mother, yours ---


______


Avant que mon père nous quitte en 2011, il a publié ses mémoires en incluant
la portion de l’histoire familiale qui se rapportait au naufrage et à la mort de ses
grands-parents, telle qu'elle lui avait été racontée par son père, qui était âgé de 14 ans
lors de la tragédie.

Sean O'Hagan /Dundal, Ireland / 12-05-2014





Je m'appelle Sean O'Hagan. Mon grand-père, Thomas Corrigan, était marin sur l’Empress of Ireland. Il était né en 1871 à Dundalk, en Irlande, et il avait passé une grande partie de sa vie à travailler à bord de nombreux navires qui partaient de Liverpool, en Angleterre.

Il était marié à Jane Kirk, originaire d'Écosse, avec qui il avait eu cinq enfants. On a raconté que Thomas, qui était un excellent nageur, mourut après avoir sauvé la vie d’un jeune homme dont il était le voisin à Liverpool. Il avait 42 ans.  

Le voilà, à gauche sur la photo familliale.

Cynthia Young / Toronto, Ontario, Canada / 08-05-2014

Mon arrière-grand-tante Nettie (Jane Etta Elizabeth) Beckstead, est née le 5 octobre 1871, près de  Morrisburg, en Ontario. Elle était la neuvième des dix enfants de Joseph Hiram Beckstead et de Catherine Mallissa Munro. La famille Beckstead avait été parmi les premières familles européennes à venir s’établir dans la région est de l’Ontario. Nettie a consacré sa vie à aider les autres, particulièrement les femmes et les enfants. En 1891, elle entreprit une carrière qui devait durer 23 ans au sein de l’Armée du Salut. Elle travailla plusieurs années dans des maisons d'accueil à Montana et à Hamilton, en Ontario, et par la suite, à l’Institut de l’Armée du Salut, à Montréal. En 1913, Nettie obtint son diplôme d'infirmière à l'hôpital Grace, de Winnipeg au Manitoba. En 1914, elle était assistante-chef des infirmières de jour. Le destin fit que Nettie a dû remplacer sa supérieure, Mme L. Payne pour participer au 4e congrès international de l’Armée du Salut.

Le 22 mai 1914, Nettie écrivait ces mots à son frère Austin : « J’étais en train de planifier ma visite à la maison cet été et je ne pensais pas aller plus loin que Montréal et Morrisburgh. Je ne pouvais savoir que la vie en déciderait autrement, à cause de la maladie de Mme Payne. Elle n’allait vraiment pas bien depuis plusieurs semaines, mais nous avons réussi à l’avoir à notre table hier soir. Elle avait été choisie comme déléguée pour le voyage en Angleterre, mais je devrai prendre sa place et représenter l’hôpital Grace à ce merveilleux congrès international à Londres. Je quitterai Winnipeg le 24 mai avec mes compagnons et prendrai place à bord de l’Empress of Ireland, qui partira de Québec le 28 mai. Par contre, à mon retour, je tenterai de passer une soirée à Montréal avec toi, car je tiens à te voir! Ta sœur aimante, Nettie ».

Nettie laissa derrière elle sa sœur ainée, Ellen Dillon,  ses cinq frères (Robert, William, Alfred, Austin et Perry) ainsi que plusieurs neveux et nièces. Après le naufrage, ils passèrent tous de longues semaines à espérer et, par la suite, à chercher la dépouille de Nettie, dont le corps, comme ceux de plusieurs autres, resta à tout jamais dans l’océan.

Des milliers de délégués de l’Armée du Salut se rendirent au congrès de Londres. Au Albert Hall, une cérémonie eut lieu pour les délégués et des bannières blanches furent placées sur les chaises de ceux qui ne s'étaient jamais rendus au congrès…

Je prendrai part à certaines des activités qui sont prévues à la fin du mois de mai à Rimouski.

Pierre Gagnon et Marc Lussier / Québec Québec Canada / 06-05-2014

LE LADY EVELYN
DU CAPITAINE JEAN-BAPTISTE POULIOT

Notre grand-père Jean-Baptiste Pouliot ( il avait 44 ans à l'époque ) était capitaine sur le Lady Evelyn qui transportait le courrier de Pointe-au-Père jusque dans les provinces maritimes d'où partaient les paquebots transatlantiques. Il fut avec l'Eureka l'un des deux navires appelé sur les lieux du naufrage de l'Empress of Ireland.

Cette nuit du 29 mai 1914, il reçut de l'opérateur radio de Pointe-au-Père la terrible nouvelle. Il fit mettre immédiatement les chaudières sous pression et largua les amarres.

Arrivé  sur place, il ne put que constater l'ampleur du désastre: des cadavres et des naufragés. Lors de nombreux  allers et retours vers le port de Rimouski, il ramena environ 338 survivants et de nombreux cadavres qu'il avait récupérés avec son équipage.

Cette tragédie est toujours restée dans notre mémoire. Jadis au chalet de nos grands-parents à Saint-Jean, Ile d'Orléans, une bouée de sauvetage  de l'Empress of Ireland était accrochée au mur, triste souvenir de cette nuit funeste.

Que s'est-il passé autour de cette bouée lors du naufrage ? On ne peut que s'imaginer les bagarres désespérées pour sa possession.

Stephen Copplin / Brisbane Queensland Australie / 01-05-2014

Mon grand-père, George Copplin (la photo a été prise en 1922), est né à Liverpool, en Angleterre, en 1895. Comme la plupart des jeunes hommes de cette époque, il trouva du travail à bord de l'un des nombreux navires en partance de Liverpool. C'était l'Empress of Ireland. Il racontait qu’il était en poste la nuit de la tragédie et qu’il tentait de participer au sauvetage quand, de là où il se trouvait, il fut projeté à l’eau. Mon souvenir principal de ses récits est qu’il disait avoir trouvé l’eau si froide et y avoir séjourné si longtemps qu’il a presque perdu l’ouïe de son oreille gauche. Il semble qu’il a été rescapé par l'un des navires de sauvetage.

Georges continua cependant à travailler sur les navires et servit pour la marine marchande lors de la Première Guerre mondiale, en participant au transport de troupes et de matériel autour de la planète. Ce travail le mena en Australie, où il fit la connaissance de sa future femme et de sa famille. Il retourna à Liverpool à la fin des années 1910 ou au début des années 1920, où il entreprit une nouvelle carrière de briqueleur.  Finalement, il émigra à Sydney, en Australie, où il se maria en 1922. George et Doris eurent deux enfants, William et Ida, et plusieurs petits-enfants. Il mourut à Sydney en 1971

Virginia (Aldridge) Passmore / Barnesville, Georgia États-Unis d’Amérique / 28-04-2014

ERNEST WILLIAM ALDRIDGE (1884 – 1914)

Cent ans après la mort d’Ernest William Aldridge, nous témoignons encore de sa courte vie!

Dieu seul savait que sa famille aurait l’opportunité un jour de raconter son histoire.

Ernest émigra de l’Angleterre en 1907 avec sa femme Charlotte. Avec eux, de nombreux membres de l’Armée du Salut et leurs familles, venus travailler dans la région de Toronto.

Ernest  était maître-charpentier, comme plusieurs des hommes de sa famille. Il jouait du piano, du violon, du trombone et de tous les instruments qui lui tombaient sous la main! Il faut dire que ce talent perdure dans la famille jusqu’à ses arrière-arrière-arrière-petits-enfants! Ernest était aussi le premier chef d’orchestre pour l’Armée du Salut (Earlscourt Citadel) et par la suite, devint membre de l’orchestre de la fanfare canadienne. Son amour de Dieu et de la musique l’aidèrent quand il laissa derrière lui, à la maison, son épouse depuis sept ans et trois jeunes enfants, pour monter à bord de l’Empress of Ireland en mai 1914. La fanfare se rendait au congrès international à Londres.

Nous savons maintenant que lorsque le bateau quitta Québec ce jeudi-là, Ernest faisait ce qu’il aimait le plus, c'est-à-dire jouer avec l’orchestre. Une des dernières pièces qu’ils interprétèrent fut God Be With You ‘Til We Meet Again. Cette chanson était tout à fait appropriée pour un homme qui quittait sa famille et sa maison…

Ernest avait  seulement 30 ans quand il mourut, mais, il a eu plusieurs générations de descendants au Canada et aux États-Unis. Il n’est plus avec nous physiquement, mais nous, sa famille, gardons son histoire vivante et…sa Foi en Dieu.

Donna (Clark) Parker / Ancaster, Ontario, Canada / 08-04-2014

Mon grand-père, Will Clark, sa femme Lavinia Simpson Clark et leur fille Nellie, récemment immigrés du Yorkshire, en Angleterre, s’étaient établis à Toronto. Quand le congrès de l’Armée du Salut fut annoncé, ils décidèrent d’y participer et, en même temps, d’aller rendre visite aux membres de la famille de Lavinia. Cependant, Will ne pouvant à ce moment prendre de vacances, ils convinrent que Lavinia et Nellie, alors âgée de 9 ans, feraient le voyage et que Will les rejoindraient par la suite. Ils achetèrent donc deux billets en deuxième classe, sur l’Empress of Ireland.

   Will accompagna sa famille de Toronto à Montréal en train. Ils se dirent au revoir et Will repartit aussitôt pour Toronto. À son arrivée à la gare, il vit les manchettes des journaux qui relataient le naufrage du paquebot dans le fleuve Saint-Laurent. Il reprit immédiatement le train pour Montréal avec l’espoir de retrouver sa famille saine et sauve. Malheureusement, sa femme et sa fille avaient toutes les deux péri.

Leurs corps ne furent jamais retrouvés. Profondément éprouvé, Will retourna à Toronto. Plus tard, il se remaria avec celle qui fut ma grand-mère. Ils  eurent une fille et un garçon (mon père), huit petits-enfants et plusieurs arrière-petits-enfants. Will eut une vie bien remplie, travaillant jusqu’à l'âge de 80 ans. Il mourut à 89 ans. Ces souvenirs font partie des trésors de notre histoire familiale. Plusieurs d’entre nous se sont intéressés à l’histoire du navire et à la récupération des artefacts qui s'y trouvaient. Nous sommes tous très conscients que la vie peut parfois compter des événements tragiques. Étant issue du deuxième mariage de mon grand-père, je ne serais pas de ce monde sans ce revers du destin.

  C’est avec beaucoup de respect que mon mari et moi allons participer aux activités de commémoration du centenaire du naufrage de l'Empress of Ireland.

June Ivany / Etobicoke, Ontario, Canada / 24-03-2014

Comme promis, je vous fais parvenir de la documentation sur la famille Delamont. Plusieurs personnes de cette famille étaient membres de l’Armée du Salut et elles voyageaient vers l’Angleterre, sur l’Empress of Ireland, pour assister au congrès international.  Mon grand-père John, ma grand-mère Seraphine, mes oncles Leonard et Arthur ainsi que ma tante Lizzie faisaient partie des passagers de troisième classe.
 
Ce qui suit a été rapporté dans le Toronto Sunday World du 2 juin 1914 :
 
Comme il avait fait de fréquents voyages océaniques pendant sa jeunesse, John Delamont a dit que, lorsqu’il a entendu l’alerte, il a tout de suite réalisé que quelque chose de grave arrivait. Il réveilla ses deux fils, qui étaient dans la même cabine que lui, et les pressa de s’habiller, de mettre les ceintures de sauvetage et de se rendre le plus vite possible sur le pont supérieur. Ensuite, il courut jusqu’à la cabine où dormaient sa femme et sa fille. Il dut défoncer la porte, car elle était verrouillée. Ils se rendirent tous les trois sur le pont. La gîte du navire était déjà si prononcée qu’ils eurent de la difficulté à grimper du côté bâbord de l’Empress of Ireland.
 
Juste un peu avant que le navire ne sombre, leur fils Leonard grimpa le long de la coque pour les rejoindre. Sachant que le navire se coucherait complètement sur son côté d’une minute à l’autre, il détacha sa ceinture de sauvetage et la donna à sa mère. Sentant la fin proche, il l’embrassa et sauta dans les eaux glacées du fleuve. On ne le revit jamais. Presque immédiatement, dans la panique et les cris des pauvres passagers encore vivants, l’Empress of Ireland sombra à jamais.
 
John Delamont, se retrouvant alors à la mer, cherchait à retrouver sa femme et sa fille. Ayant de la difficulté à nager, il songea que sa mort était imminente. C’était un homme de bonne corpulence et il eut de la difficulté à se maintenir à la surface jusqu’à ce qu’il trouve un débris auquel s'agripper.
 
Il tenta de se diriger vers une chaloupe de sauvetage et appela à l’aide, mais… personne ne réagit. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, sa femme et sa fille, qui s’étaient hissées sur une chaloupe à la renverse, entendirent son appel au secours et reconnaissant sa voix, elles l’appelèrent immédiatement. John put se diriger vers elles et, lui aussi, trouva refuge sur la chaloupe.
 
Après une attente interminable, ils purent enfin embarquer dans une autre chaloupe de sauvetage et montèrent ensuite à bord du Lady Evelyn. Il était alors 4 h. Ils avaient passé plus de deux heures au froid.  Le fait que la mère et la fille se soient retrouvées après plus d’une heure d’errance tient du miracle! La pauvre Elizabeth eut même les cheveux arrachés par un autre naufragé qui tentait de sauver sa vie. Les deux femmes étaient frigorifiées, puisque, comme la plupart des survivants, elles ne portaient que leurs vêtements de nuit.
 
De son côté,  Arthur Delamont, l’autre fils, qui n'avait  retrouvé aucun membre de sa famille sur le pont de l’Empress of Ireland, se jeta à l’eau et nagea pour s’éloigner du navire. Après avoir erré pendant près de 90 minutes, il fut finalement hissé dans une des chaloupes de sauvetage.  C’est peu après qu’il apprit que son père, sa mère et sa sœur étaient sains et saufs et qu’il put les rejoindre. Ces émouvantes retrouvailles furent assombries par le fait que Léonard était perdu à jamais.   Pendant les trois jours qu’ils passèrent à Québec, John fit de nombreux allers-retours sur les quais où étaient amenées les dépouilles des naufragés,  mais ni lui, ni aucun des autres membres de la famille ne retrouva le corps de Leonard. Pendant ce temps, Elizabeth était hospitalisée et c’est avec difficulté qu’elle effectua le trajet de Québec à Toronto.

Rosmond Kinsey Milner / Londre, Royaume-Unis / 21-03-2014

Le  frère bien-aimé de mon grand-père, William Bray, connu affectueusement sous le nom de Willie, a péri lors du naufrage de l’Empress of Ireland alors qu’il était âgé de 24 ans. Il travaillait comme portier, à la salle à manger.

C’est seulement ce soir que j’ai découvert le nom du navire sur lequel il avait servi, puisque mon grand-père est décédé en 1971 et qu’il n’y avait aucune trace écrite de cette histoire dans la famille. Je suis particulièrement heureux d’avoir fait cette découverte, en cette année de la commémoration du naufrage et, par le fait même, d'apprendre comment était mort Willie!  Même si je n’ai pas beaucoup d’éléments historiques à propos de son travail à bord, je trouvais important de partager cette photo de Willie adolescent, afin que son nom, tel qu'il est mentionné dans la liste des membres d’équipage, soit associé à un visage…

 Willie était issu d’une famille de marins. Son père était officier sur le Clio, un navire-école de la marine marchande amarré dans le détroit de Menai, près de Bangor, au Pays de Galles.

J’aimerais beaucoup participer à vos activités de commémo-ration!

Lois Funke / Ontonagon, Michigan, États-Unis d’Amérique / 10-03-2014

Mon arrière-grand-mère, Liisa Lydia Lampinen,  est née à Rantsila, en Finlande, en 1840. Elle est morte lors du naufrage  de l’Empress of Ireland. Elle a vécu les 25 dernières années de sa vie à Calumet, au Michigan, avec son unique fille et son mari,  M. et Mme. Gustav Lungi  ainsi  que leurs 11 enfants. 
 
Liisa souhaitait retourner en Finlande afin de s’occuper de sa sœur aveugle, alors âgée de 90 ans. Lors du naufrage, sentant sa fin proche,  elle donna sa ceinture de sauvetage à un jeune homme inconnu. Des années plus tard, un membre de la famille du jeune homme en question se rendit chez les Lungi pour exprimer sa gratitude à la famille de mon aïeule.
 
Quelques jours avant son embarquement sur l’Empress of Ireland, elle avait fait prendre cette photo d’elle avec deux de ses petites-filles. Mon arrière-grand-mère est enterrée au cimetière Mont Hermon, à Toronto.

Nigel Molaro / Niagara Falls, Ontario, Canada / 17-02-2014

Mon arrière-grand-père, Pehr (Peter) Johnson Rask, est né à Offerdahl, en Suède, en 1863. Son père était Jon Persson Rask et sa mère, Märit Andersdotter. Pehr a émigré en 1893 dans les Prairies canadiennes, plus précisément en Saskatchewan, où peu après il a épousé Brita Hanson, elle aussi native d’Offerdahl. Ils ont eu sept enfants, trois garçons et quatre filles. Pehr était fermier et  travaillait également comme maçon dans la construction de bâtiments. Il était aussi impliqué dans sa communauté à titre de conseiller municipal.

En 1914, lors du décès de son frère Anders en Suède, Pehr voulut faire un voyage dans son pays d'origine; c’était la première fois qu’il y retournerait depuis son arrivée au Canada. Il réserva donc une place en troisième classe sur l’Empress of Ireland.

Mon arrière-grand-père survécut à la tragédie et mourut en 1923 d’un cancer abdominal, une conséquence indirecte des blessures qu’il avait subies lors du naufrage. Sa santé fragile ne lui permit pas de retourner visiter les siens en Suède. Sa femme Brita, quant à elle, vécut 10 ans de plus. Leur deuxième enfant, une fille nommée Annie (qui épousa plus tard J.A. McKinnon), avait 18 ans en 1914 et elle vécut jusqu’à l’âge de 85 ans.

 

Claire Williams / Southport, Merseyside, Royaume-Unis / 17-02-2014

Selon mon père (qui fêtera son 80e anniversaire cette année), mon arrière-grand-père,  Michael Mc Aleavey, qui était pelleteur de charbon sur l'Empress of Ireland, a survécu au naufrage (même si nous croyons qu’il ne savait pas nager). Son cousin, Patrick Mc Aleavey, qui travaillait dans les cuisines, a lui aussi survécu. Ils étaient tous les deux de Liverpool, comme la plupart des membres d’équipage. On a raconté que les deux cousins dormaient quand un steward, en frappant à leur porte, leur a dit que le bateau coulait. Nous ne savons pas qui était ce steward, mais il semble qu’il n’ait pas survécu… Grâce à lui, de nombreuses vies furent sans doute sauvées cette nuit-là, bien qu'un grand nombre de passagers périrent dans leur sommeil.

Peter Wilson / Kelowna, Colombie-Britannique, Canada / 20-01-2014

Mon grand-père, Frank Ernest Abbott, est né à Liverpool, en Angleterre, en  1872.  Son père, Joseph Abbott, était directeur du Wavertree Collegiate School.  Frank et son frère Arthur devinrent apprentis dans le domaine de la création de chapeaux.

En 1908, Frank émigra au Canada avec sa femme EdithArthur le suivit peu de temps après, avec sa femme Carrie, et les deux frères fondèrent une entreprise qui devait devenir une prospère maison de modistes, Abbott Bros., à Toronto.  Ils se relayaient pour voyager à travers l’Europe à la recherche de nouvelles inspirations et de nouveaux tissus pour leurs créations.

En 1914, c'était le tour de Frank, qui avait à ce moment 42 ans. Il embarqua sur l’Empress of Ireland à Québec le 28 mai, laissant derrière lui sa femme Edith et sa petite fille Dorothy  (ma mère), alors âgée de 3 ans.
 
Le nom de Frank apparait sur la liste des passagers de première classe (Frank Ernest Abbott). Lors du naufrage, il réussit à survivre en nageant et en s’agrippant à un débris qui flottait. Il fut finalement rescapé et ramené sur la terre ferme, encore vêtu de son pyjama rayé! Ma famille a eu longtemps ce pyjama en sa possession, jusqu’au jour où un incendie le détruisit à tout jamais!

Denise Reynolds / Oakville, Ontario, Canada / 20-01-2014

Mes deux sœurs et moi sommes les petites-filles de Margaret et Thomas Greenaway, qui furent parmi les survivants du naufrage. Margaret Ellen Dalzell avait grandi sur l’île de Grand Manan, au Nouveau-Brunswick, et Tom, en Angleterre. Ils s'étaient mariés à Toronto le 21 mai 1914 et joignaient à cette époque l’utile à l’agréable, car ils  vivaient leur lune de miel tout en effectuant la traversée vers l'Angleterre pour participer, à Londres, au congrès de l’Armée du Salut dont ils étaient tous deux membres. Tom et son frère Herbert Booth (Bert), notre grand-oncle qui a lui aussi survécu, faisaient partie de l’ensemble musical.

J’ai en ma possession une lettre écrite par ma grand-mère et destinée à sa belle-famille en Angleterre, où elle raconte en détail ce qu'ils ont vécu durant cette tragédie. 

Nous participerons aux activités de commémoration en mai prochain!

Cliquez ici pour lire la lettre en
version anglaise et format .pdf



Brian Cleary / Directeur général Barnes and Mullins Ltd, Londres, Angleterre / 08-01-2014

Albert Mullins et Samuel ‟Bowley” Barnes étaient des amis d’enfance à Wimborne  (Dorset) dans le sud de l’Angleterre. Musiciens, ils jouaient très bien du banjo et s'étaient souvent produits en spectacle, jouissant ainsi d'une bonne réputation. En 1895, ils fondèrent Barnes & Mullins Ltd, une entreprise d’instruments de musique  qu’ils établirent à Rathbone Place, à Londres.

En 1901, Albert et Bowley marièrent respectivement les soeurs  Kate et Helen Piercy le même jour, dans la même église. Barnes & Mullins prospéra rapidement avec Mullins, qui agissait comme vendeur. À la fin de 1912, Albert Mullins, sa femme et leur fille Eileen entreprirent une tournée de ventes à travers le monde. Ils arrivèrent à Perth, en Australie, le 31 décembre 1912. Leur fils Dick resta en Angleterre  pour y poursuivre ses études.

Les Mullins se rendirent à Sydney au début de janvier 1913 et voyagèrent à travers  l’Australie pendant plus d'un an, avant de quitter pour Vancouver où ils arrivèrent le 5 mars 1914.

 Albert poursuivit son travail de vente durant 3 mois au Canada, avant de retourner en Angleterre. Cette tournée mondiale a eu des résultats tellement positifs que l'on en a encore des échos de nos jours! Un grand nombre de demandes adressées à la compagnie provient toujours de l’Australie et du Canada!

 Malheureusement, le voyage de retour connut une fin tragique. En effet, Albert et sa fille périrent lors du naufrage de l’Empress of Ireland. Son épouse  Kate survécut, mais eut les deux jambes fracturées. Le 12 juin 1914, sa soeur Helen, accompagnée de son fils Dick, arriva à Québec afin de secourir Kate et de la ramener à la maison.

 La tragédie affecta profondément les deux familles. Les deux hommes avaient toujours été très proches, comme amis ainsi que partenaires  d'affaires. Entre autres preuves, Albert avait donné à son fils le second prénom de Bowley, soit Dick.

Kate Mullins ne se remaria jamais mais vécut jusqu’à l’âge vénérable de 89 ans. Elle mourut en 1964.

Sharon Ferry / Michigan, États-Unis d'Amérique / 12-12-2013

Les cinq enfants de mes arrière-grands-parents Sydney Charles Maidment et Harriett Peckham Maidment sont devenus orphelins lorsque l’Empress of Ireland a sombré en emportant leurs parents. Les trois plus vieux  (Violet Olga, Cornelia Ivy et Charles Bramwell) restèrent au Canada, alors que les deux plus jeunes (Herbert Harold John et Gudrun Agnes) furent envoyés en Angleterre, trois mois après la tragédie, pour y être élevés dans un orphelinat.

Les descendants de Sydney Charles Maidment et Harriett Peckham Maidment qui souhaitent connaître leurs racines ont tissé des liens avec d’autres membres de la famille qui ont succombé, eux aussi, à la passion de l’histoire familiale! Nous espérons nous retrouver nombreux à Rimouski en 2014 afin d’honorer la mémoire d'Harriett et de Sydney Charles et de solidifier les liens de sang qui nous unissent. Nous sommes du Canada, des États-Unis, d’Angleterre, d’Espagne et d’Australie!

Kay Toy / Angleterre / 29-11-2013

Mon frère Richard, son fils et moi avons réservé nos vols et notre hôtel! Nous pourrons donc assister aux divers événements entourant la commémoration du naufrage de l’Empress of Ireland.

Nos grands-parents, Harold et Elsie South, ont péri lorsque le bateau a sombré. Ils faisaient partie de la troupe de Laurence Irving (Harold était acteur, mais aussi gérant et donc un membre important de la troupe). Ils sont malheureusement disparus corps et biens, car leurs dépouilles n’ont jamais été retrouvées. Ils ont laissé trois petites filles en Angleterre. Ce sont des membres de la famille qui les ont prises en charge. Notre mère était la plus jeune. Elle aurait certainement beaucoup apprécié de voir notre témoignage et les photos sur votre site Web si elle avait encore été parmi nous! En étant présents à Pointe-au-Père en mai 2014, nous rendrons hommage à Elsie et à Harold, mais aussi à notre mère qui a souffert de leur absence toute sa vie!

Helen Knutson Wurtzel / Wisconsin, États-Unis d'Amérique / 14-11-2013

Toute la famille que l'on voit sur cette photo a péri lors du naufrage de l’Empress of Ireland.

La jeune femme était ma tante, Anna Flatekval Lone. Elle avait quitté Voss (en Norvège), en 1907, pour épouser Hans Lone, qui vivait déjà aux États-Unis. Ils unirent leurs destinées en 1908, au Minnesota. En 1910, ils habitaient à Lansing, en Iowa, et y élevaient leurs trois enfants, Alic, Rene et Clara. Hans travaillait dans la construction.

En 1910, Alex et Erick, deux des frères d’Anna, vinrent aussi s’établir en Iowa. Ils y changèrent leur nom de famille pour Knutson. Alex Knutson était mon père. Il se trouva du travail dans une compagnie qui fabriquait des boutons, à Lansing près de la rivière Mississipi. Pour des raisons que j’ignore, Anna et Hans décidèrent de retourner en Norvège pour s’y établir. Ils vendirent alors tous leurs biens, dissimulèrent leur argent dans des poches cousues dans les sous-vêtements d’Hans et achetèrent des billets en troisième classe à bord de l’Empress of Ireland.

Ils disparurent tous les cinq lors du naufrage. Mon père fut informé de la triste nouvelle et convoqué à Rimouski pour identifier les corps. Il ne retrouva malheureusement pas les dépouilles de sa sœur et de sa famille. Il décida alors de se rendre lui-même en Norvège pour faire part de ce dramatique événement à leur famille de manière plus personnelle. Il dut y rester quelques mois, car la Première Guerre mondiale était commencée et il devenait difficile de faire la traversée de l’Atlantique.

Susan Cameron / 07-10-2013

James Faulkner ainsi que Mary "Ellen" Faulkner (née Meredith) sont nés en 1858 à Willenhall, en Angleterre.

Ils ont tous deux péri lors du naufrage de l’Empress of Ireland. Ils étaient mes arrière-grands-parents et s’étaient établis à London, en Ontario, vers 1907 ou 1908. Ma mère m’a raconté qu'en mai 1914, ils retournaient en Angleterre pour visiter des membres de leur famille qui y vivaient encore! Leur fils James, mon grand-père, se rendit à Québec après le naufrage afin de récupérer les dépouilles de ses parents. Ellen fut enterrée à London, mais le corps de mon arrière- grand-père n’a jamais été retrouvé.

Je suis contente que vous organisiez cette commémoration, en 2014; merci!

Alice Giddy/ Halifax, Nouvelle-Écosse, Canada/ 08-08-2013

Mon grand-père, Frank Crossley (1891-1962), le plus jeune fils de Fredrick Dodgson Crossley et Celia Hannah Mingay, est né à Longsight, en Angleterre. Frank a émigré au Canada sur l’Empress of Ireland, débarquant à Saint John, au Nouveau-Brunswick, en février 1909.

En 1912, à Yorkton, en Saskatchewan, il a rejoint les rangs de la Gendarmerie Royale du Canada, où il travailla jusqu'en 1944, sauf durant la Première Guerre Mondiale. Frank a épousé Minnie Isobel Kennedy, à Daysland, en Alberta, en décembre 1916.

Ils eurent deux enfants, Sidney Ross et Edith Alice. Après le décès de Minnie, il se remaria à Edith Mary Hearn. Il finit ses jours à Victoria, en Colombie-Britannique.

Enrichetta Braga/ Italie / 23-07-2013

Egildo et Carolina Braga survécurent au tragique naufrage de l’Empress of Ireland, mais leur fils Rino y perdit la vie.

C’est Natahl (fille du couple, âgée de 93 ans) qui raconte leur histoire :
Egildo Braga était arrivé à Ellis Island, New-York, le 27 décembre 1908. Ce vigoureux jeune homme de vingt ans travailla alors comme mineur à Eveleth. Egildo souhaitait fonder une famille, mais il n’avait ni le temps ni la possibilité de trouver une femme sur place ou de retourner en Italie. Il fit donc appel à sa famille. Comme de nombreux jeunes hommes étaient à l’étranger, le nombre de jeunes filles à marier en Italie était considérable et il ne suffisait parfois que d’une photographie ou d’un vague souvenir pour arranger un mariage. Quelques jeunes femmes se mariaient par procuration, mais Carolina Braga, cousine d'Egildo, préféra traverser l’Atlantique à bord du paquebot La Lorraine et débarqua à New-York le 27 mai 1911. Le 3 juin 1911, Egildo et Carolina se marièrent à Eveleth et commencèrent à faire des projets d’avenir. Ils eurent un fils, Rino, et tout allait bien pour eux.

En mai 1914, à Québec, Egildo, Carolina et Rino faisaient partie de la foule de personnes qui embarquaient à bord de l'Empress of Ireland en direction de Liverpool. Cette escale était pratique pour les Européens du nord, mais elle l’était un peu moins pour les Italiens, qui devaient ensuite poursuivre leur route sur plus de 1 250 kilomètres. Ces derniers rentraient au pays pour voir leurs familles et, sans doute, fuir les grèves sanguinaires qui sévissaient dans le secteur des mines.

Quand le Storstad heurta L’Empress of Ireland, Egildo se réveilla en sursaut et courut immédiatement pour voir ce qui était arrivé. « Carolina, sta li ca vos ù a vide (Carolina, attends-moi, je vais voir ce qui se passe) ». Il revint rapidement lui dire : « Carolina, al funda! (Carolina, on coule! ».

La brume, la peur, la grande agitation de la foule, le petit Rino, tout contribuait à rendre la situation dramatique, mais il semble qu’Egildo eut les nerfs solides. Il trouva le moyen d'attacher son fils à son corps et réfléchit à la façon dont ils pourraient s’en tirer. Carolina avait peur; ils avaient endossé des gilets de sauvetage, mais se jeter à l’eau dans le noir n’était pas facile. Ils craignaient les remous puisque le navire était en train de couler. Ils arrivèrent de peine et de misère à rejoindre le pont; Egildo dut lutter de toutes ses forces contre un type à moitié fou qui lui bloquait le passage avec sa valise… !

Puis ils se jetèrent à l’eau. Soudain, Egildo constata que la force de l’eau lui avait arraché Rino. Il le chercha désespérément et perdit de vue Carolina. Elle avait reçu une poutre sur la tête et s’était blessée au front. Elle coula dans les eaux glacées, mais réussit à remonter et s’accrocha à une chaloupe de sauvetage renversée.

Enrichetta a les yeux humides en évoquant les paroles de son père, qui était toujours très ému chaque fois — et cela arrivait souvent— qu’il parlait de ce tragique évènement. Il gardait en lui un profond sentiment de culpabilité parce qu’il n’avait pas pu sauver Rino.

Les survivants furent transportés près de Rimouski, où les Braga cherchèrent en vain le corps de Rino parmi les dépouilles alignées pour l’identification.

À ce point, ils ne pouvaient que tenter de retrouver une certaine paix et retourner le plus tôt possible en Italie. Le Canadien Pacifique mit à leur disposition le Corsican, qui partit le 31 mai 1914 vers Liverpool, emportant le petit nombre d’Italiens qui avaient survécu.

Ils conservaient de l'Amérique bien des souvenirs, mais peu d’objets. Une ceinture en cuir achetée avec les épargnes du mineur et une chainette en or, sauvée miraculeusement du naufrage. Rien d’autre. Ils avaient tout perdu, même leurs vêtements. Carolina racontait en souriant, qu’après le sauvetage, elle ne portait que sa chemise de nuit et elle se couvrait avec des couvertures mises les unes par-dessus les autres  « cuerta da la una cuerta insù ».

La vie reprit son cours et en 1920, naquit Enrichetta Braga.

Propos recueillis par Ernesto Milani

Renée Houde /Montréal, Québec, Canada / 03-07-2013

LISTE DES PASSAGERS DE L’EMPRESS OF IRELAND QUI ONT ÉTÉ SAUVÉS PAR LE CAPITAINE JEAN-BAPTISTE BÉLANGER.

Peu de gens savent que c’est le capitaine Jean-Baptiste Bélanger qui, avec son bateau l’Eureka, fut le premier rendu sur les lieux du naufrage. Je présume que plusieurs personnes qui sont encore sur la planète aujourd’hui seront heureuses d’apprendre qui est celui (et quel était son bateau) grâce à qui leur ancêtre a pu survivre. Né le premier janvier 1852, le capitaine Jean-Baptiste Bélanger avait donc 62 ans le jour du naufrage.

Voici donc la liste des passagers sauvés par le capitaine. La source est une découpure de journal qui fait partie du « scrap book » d’Ada Bélanger, la fille du capitaine, qui est ma grand-maman Houde.






Passagers sauvés

Nous recevons à 10 h 30, ce matin, la liste suivante des passagers sauvés par le steamer Eureka, du capitaine J.B. Bélanger :

Bamford, Mark Parkinson
R. Hott, garçon de chambre
Wrowen, Alex
Rathey, mates
C. Combes, cuisinier
H. Reginald Mortand
White Grey
Jos. Williams
E. Foster
A. Elliott Baker
A. C. Ferguson
Mme R. Sims
Nesool Deolix
Spededon Novek Gadde
C. S. Sampson
Swan A. Johnson
Gratwick
O. S. Murphy, Q.M.
T. Sprague, Duckworth,etc,
J. Satis. L.E.Donavan
A. William
H. Clandon
P. Haran
Chas. R. Clark, passagers de première.

Faisaient également partie des rescapés, à bord de l’Eureka, le capitaine Kendall, de l’Empress, et deux opérateurs de télégraphe sans fil.

Parmi les passagers, il y avait M. Walter S. Herxheimer, un Anglais de Londres, qui projetait d'ouvrir une agence de sa maison de soieries, au 551 Victoria Square, à Montréal. M. Herxheimer, un multimillionnaire bien connu à Québec, devait revenir dans six semaines pour l'ouverture de son commerce.

Source : L’Événement, 29 mai 1914.

 

Pierre Paré /Québec, Canada / 13-03-2013

Mon grand-père, Désiré Paré, était gérant de gare lors du naufrage de l’Empress of Ireland. À l’époque, il y avait un étage au bâtiment actuel de la gare et c’est là que la famille vivait!

Tout le courrier qui était à bord du navire et qui avait été récupéré avait été apporté à mon grand-père et ma grand mère Anna avait eu la permission d’étendre des cordes à linge de fortune dans la cave pour y faire sécher les lettres!

Mon père (André) qui avait 12 ans à l’époque a alors commencé une collection de timbres avec tous ceux qui sont tombés… les lingots d’argent qui avaient été eux aussi récupérés ont aussi transité par la gare. Ils ont été embarqués dans les wagons qui étaient surveillés par les militaires armés de l’Armée canadienne.

 

Thomas (Tom) McCready / Wilmslow, Cheshire, Angleterre / 18-02-2013

Je suis né à Liverpool en 1944. Ma famille a toujours eu un lien avec la mer. Mon grand-père, mon père, mon oncle et deux de mes frères ont navigué! Comme mon grand-père Thomas McCready est mort lorsque j’avais 3 ans, je ne l’ai pas connu. Ce n'est qu'à l'âge de la retraite, finalement, que j’ai découvert que grand-papa avait survécu au naufrage de l’Empress of Ireland en 1914.Il a passé sa vie active comme pelleteur de charbon sur plusieurs des grands paquebots à vapeur. Il semble qu’il ait également vécu le naufrage du Celtic, de la White Star Line, en 1929.

Mes grands-parents ont eu 13 enfants, dont 7 ont survécu et ont aussi eu des enfants!

J’espère participer aux activités de commémoration en 2014!

 

 

Un chauffeur à bord de l'Empress of Britain, navire jumeau
de l'Empress of Ireland

Photo Collection : David Saint-Pierre

 

 

 

 

 

Markham Johnson / Califonie, États-Unis d'Amérique / 18-01-2013

Ma grand-mère s’appelait Ellen Berglund. Elle était originaire de Pitea, en Suède, et était à bord de l’Empress of Ireland lors du départ de Liverpool, le 21 mars 1914. À ce qu’on m’a dit, Ellen venait au Canada, accompagnée de quatre de ses frères, pour y vivre et y travailler. Elle a effectivement été à l'emploi de la famille Hill (Great Northern Railway) comme cuisinière privée et s’est établie à Pebble Beach, en Californie. Ellen a rencontré mon grand-père à Carmel et ils se sont mariés; le reste fait partie de notre histoire! Ma famille et moi sommes donc ici et bien vivants parce qu'un jour, ma grand-mère est venue s’établir en Amérique en voyageant sur l’Empress of Ireland!

Pam Matichuk /Alberta, Canada / 14-06-2012

Ma mère et moi étions présentes lors du 90e anniversaire du naufrage de l’Empress of Ireland, à Rimouski, en 2004. J’avait fait plusieurs recherches infructueuses sur l’Empress of Ireland jusqu’au jour où j’ai lue une entrevue de Marion Kelch en rapport avec la commémoration. C’est elle qui a organisé le groupe dont nous faisions partie, pour aller à Rimouski, et ce fut un privilège pour nous de participer à cet événement.

Mon grand-oncle, Thomas  Clark, avait eu, à l’époque, un diagnostic de consomption pulmonaire (tuberculose). On exigeait alors des immigrants qu’ils retournent faire leur convalescence dans leur pays d’origine, avant de revenir au Canada. Accompagné de sa mère, Ellen Clark, il allait donc repartir vers l’Angleterre à bord de l’Empress of Ireland.

 La veille de leur départ, un miroir est tombé et s’est brisé. Ma grand-mère Maria (aussi la fille d’Ellen) avait 15 ou 16 ans à l’époque.  Ma mère m’a raconté à quel point Maria était superstitieuse. Pour elle, un miroir brisé évoquait sept ans de malheur…

À leur arrivée au bateau, comme il était de coutume pour les passagers de troisième classe, Thomas  et Ellen ont été jumelés à une autre femme et un autre homme, avec qui ils devaient partager une cabine. Il semblerait que la collision avec le Storstad s’est produite non loin d’où ces quatre personnes se trouvaient.  Réveillée par la secousse de la collision, la compagne de cabine d’Ellen est montée sur les ponts supérieurs pour aller voir ce qui se passait. Elle eut ainsi la chance de survivre… Mais non Ellen.

Les corps d’Ellen et de Thomas n’ont jamais été retrouvés; ils reposent à jamais au fond du fleuve Saint-Laurent.

 Maria dut surmonter plusieurs autres épreuves après avoir perdu sa mère et Thomas.  Son père se remaria avec une femme mesquine, qui la laissa dépérir sans en prendre soin. Mais grâce au soutien de ses autres frères, elle recouvra la santé. Elle a toujours conservé un précieux souvenir de son frère Thomas : nous possédons encore ce petit poudrier qu’il lui avait donné, qu’elle avait toujours considéré comme un trésor, et qu’elle a légué à ma mère.

Lisa Terech /Ontario, Canada / 28-05-2012

La tante de ma grand-mère, Ethel May Blakeburn, était à bord de l’Empress of Ireland. Elle avait quitté l’Angleterre pour le Canada et accompagnait une famille pour laquelle elle travaillait comme  bonne d’enfants. Elle vécu à Halifax quelques mois et retournait chez-elle à bord de l’Empress of Ireland. Elle voyageait en troisième classe et n’a pas survécu. Un article du Halifax Chronicle Herald mentionnait qu’elle était appréciée par tous ceux qui la côtoyaient.

Ma famille était présente à Rimouski pour le 90e anniversaire et nous prévoyons participer au 100e anniversaire aussi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Connie Zuk Nisinger / États-Unis d'Amérique / 14-05-2012

George Zuk fut un des survivants de la pire tragédie maritime de l’histoire du Canada. Sa femme Maria et leurs deux enfants font partie des 1 012 personnes qui ont péries quand le Storstad entra en collision avec l’Empress of Ireland, sur le fleuve St-Laurent le 29 mai 1914. George se remaria avec Louis Anna Stypula et ils ont eu 3 enfants : Walter Zuk, Henry Zuk et Josephine Zuk Petersen. Les prénoms de Walter et Josephine ont été choisis en mémoire de Wladislaw et Josefa, les enfants naufragés.

Anne Polewski / Ontario, Canada / 07-05-2012

Voici des renseignements sur Mme Mary (Parker) Dale et sa jeune fille Reta. Elles voyageaient en deuxième classe sur l’Empress of Ireland quand le navire a sombré en mai 1914. Elles ont péri. Mon grand oncle Jack et Mary Dale ont émigré de l’Angleterre au Canada en 1912. Jack Dale travaillait comme menuisier à  Toronto. Mes grands-parents, Frank & Annie Dale vivaient déjà à Toronto à cette époque. Jack et Mary Dale attendaient leur premier enfant quand ils ont traversé l’Atlantique en 1912. Leur fille, Reta Betty Dale est née le 22 juillet 1912, à Toronto.

En mai 1914, Mary  se rendait en Angleterre, avec sa petite fille, pour rendre visite à sa famille dans le Comté de Derbyshire.  Nous avons appris que Mary était enceinte d’un deuxième enfant au moment du naufrage. Jack, quant à lui, avait encore du travail à Toronto et devait aller les rejoindre un peu plus tard, à l’occasion d’un mariage dans la famille.

Mary et sa fille (qui devait avoir 22 mois au moment du naufrage) voyageaient en deuxième classe. Malheureusement, leurs dépouilles n’ont jamais été retrouvées.  

Mon grand oncle Jack, le mari de Mary, se rendit à Québec après la tragédie afin de retrouver, parmi les autres victimes, les corps de sa femme et sa fille mais, en vain. On nous a dit que les cheveux du pauvre homme sont devenus complètement gris en l’espace d’une nuit; le choc et la douleur de la perte de sa famille étant trop grand.  Plus tard, il rentra pour de bon en Angleterre où il se remaria mais n’eu pas d’autres enfants.

Renée Houde / Montréal, Canada / 27-04-2012

Je suis l’arrière petite-fille du capitaine Jean-Baptiste Bélanger qui s'est porté au secours de l'Empress of  Ireland en mai 1914. Je crois qu'il serait important de donner de la place au Capitaine Jean-Baptiste Bélanger puisque celui-ci n'a jamais reçu la récompense que le gouvernement fédéral voulait lui remettre, parce que la guerre fut déclarée en septembre 1914.  

Hilary Hallas / Angleterre / 03-04-2012

J’ai toujours été au courant de l’histoire de l’Empress of Ireland car ma grand-mère a perdu sa mère et 3 de ses enfants lors du naufrage. Ils faisaient partie de la famille Ainsworth, Edith, Maud, Jack et Éric.

Ma propre mère est malheureusement décédée récemment et j’ai eu l’occasion de faire le tour de ses archives. J’ai trouvé une carte postale écrite par mon arrière-grand-mère, Edith Ainsworth, lorsqu’elle était à bord de l’Empress of Ireland. Elle était destinée à sa famille de Cleveland. Si vous prenez le temps de la déchiffrer, on peut y lire : Nous sommes arrivées sains et saufs à Toronto puis Québec. Maman (à bord). Le tampon de la poste est daté du 28 mai 1914, Québec, 9 h pm. J’ai pensé que cela pouvait vous intéresser.

Connie Zuk Nisinger /États d'Amérique / 28-03-2012

J’espère pouvoir participer à la commémoration et j’aimerais que vous me teniez au courant de vos activités. Je n’ai jamais cessé de chercher l’endroit où les demi-frères et sœurs (Josefa et Wladislaw Zuk) de mon père ont étés enterrés. Mon père (le fils de George Zuk qui lui a survécu) est décédé en 2007 et ma mère en 2009 mais je continu à chercher plus d’informations sur leurs enfants, pour honorer leur souvenir. Félicitation pour votre travail!

Mary McDermott / Ireland / 22-03-2012

Ma première visite à Rimouski date de 1991. Au mois de juin de cette année-là, j’ai complété des études à Baltimore, au Maryland. J’étais aussi présente à Rimouski lors de la commémoration du 90ème anniversaire du naufrage en 2004. Depuis ce temps, tous les petits-enfants et petits cousins de Martin Gill s’organisent pour pouvoir participer au 100ème anniversaire en 2014. En 2009, nous avons retracés des cousins dont nous ne connaissions pas l’existence. Ils sont les petits-enfants de la sœur de Martin, Mary. Martin et sa sœur avaient émigré en Colombie-Britannique en 1907. Il avait 17 ans et elle 22. À ce jour, tous ces cousins ont l’intention de se réunir à Rimouski pour le 100ième anniversaire. Merci de nous avoir contactés!

Don Horwood / Alberta, Canada / 20-03-2012

Mon grand-père, William Horwood, est né le 11 octobre 1880, a Coleford, Gloucestershire, en Angleterre. Le 4 septembre 1907, il a épousé Ruth Wicksey. De cette union sont nés : Herbert Reginald Horwood et John Henry Horwood. J'ai l'intention d'être présent lors de la commémoration.

Sur la photo, de gauche à droite : Joseph Pugmire (ministre de l’Armée du Salut), Ruth Wicksey, Bertram Pattendan (meilleur ami de William. Il a aussi péri pendant le naufrage). Première rangée : William Horwood et Catherine Wicksey (soeur de Ruth).

 

 

 

 

 

 

 

 

Sue Shuttleworth / Royaume-Uni / 16-03-2012


"Le demi-frère de ma grand-mère, Joseph (Edward) Singer (dont le père, qui était horloger, portait le nom de Edward Shortsinger, qui dérive probablement de Schwarzinger, de la Bavière, en passant par le nord de l'Irlande) a péri alors qu'il était assistant steward sur l'Empress of Ireland, lors de la nuit fatidique. Il avait 21 ans. Un peu plus tôt, vers 1909, il avait été apprenti tailleur à Liverpool.

Un monument a été érigé à sa mémoire par sa soeur Mary quand son mari Harry Box est décédé de la tuberculose en 1930. Elle est, elle aussi, décédée de cette maladie 3 ans après lui et fut enterrée au même endroit mais son nom n'est pas gravé sur la pierre. Le monument se trouve au Allerton Cemetery, à Liverpool"