Rassemblement de 2004

Le 29 mai 2004, nous avons organisée une journée de commémoration à laquelle ont participés plus d’une trentaine de descendants de passagers de l’Empress of Ireland en plus des nombreuse personnes passionnées par cette histoire.

Les descendants provenaient de l’ouest canadien, des États-Unis et même d’Angleterre et d’Irlande et ont livré des témoignages vibrants de leurs histoires familiales.

La journée s’est terminée par un souper sur le bateau Famille Dufour qui devait se rendre sur les lieux de l’épave mais qui, à cause du mauvais temps, est resté à quai. Près de 200 personnes ont assistées à ce souper.

 

Discours d'inauguration de 2004

Mesdames et Messieurs, c’est pour moi un plaisir d’être ici avec vous.

Aujourd’hui nous commémorons le 90e anniversaire du naufrage de l’Empress of Ireland. Il y a 90 ans, le paquebot l’Empress of Ireland sombrait à quelques kilomètres d’ici. Le Musée de la mer de Pointe-au-Père s’est donné comme mission de perpétuer le souvenir de ce grand paquebot, et surtout, d’honorer la mémoire de ses passagers. Le musée tenait donc à souligner d’une manière particulière cet anniversaire historique en vous rendant hommage, vous dont les ancêtres ont voyagé à bord de ce navire au destin tragique.

L’Empress of Ireland a marqué l’histoire de l’Amérique du Nord. Le transatlantique transportait des gens de diverses nationalités et de toutes classes sociales. Les mieux nantis y effectuaient un agréable aller-retour outre-mer. Mais pour ceux qui avaient réussi, de peine et de misère, à économiser assez d’argent pour acheter un aller simple vers le Canada, l’Empress était l’occasion de commencer une nouvelle vie. Les gens qui ont migré jusqu’ici portaient en eux l’espoir et la volonté de bâtir sur un nouveau continent une vie meilleure pour eux-mêmes et pour vous, leurs descendants. Ceux qui ont immigré en Amérique à bord de l’Empress ont enrichi le continent en le teintant de leur culture et de leurs traditions.

La fin tragique du navire laisse, elle aussi, un important héritage à l’histoire de notre pays. Les deux guerres mondiales et la crise économique de 1929 ont temporairement éclipsé le naufrage de l’esprit de la population. Cependant, les cicatrices laissées dans la mémoire collective sont rapidement réapparues, une fois les conflits internationaux terminés. En effet, le fantôme de l’Empress refait surface en 1964 quand deux plongeurs de Montréal retracent et identifient l’épave du transatlantique. Au cours des années qui suivent la découverte, plusieurs plongeurs explorent l’épave dans l’espoir de mettre la main sur ses trésors. Durant les années 80, le nombre de plongées vers la dépouille de l’Empress augmente énormément et le pillage du navire s’accentue. Alors que la plupart des plongeurs relèguent les artefacts de l’Empress au fond de leur sous-sol, un petit groupe de plongeurs décident de rendre ces objets accessibles à la population. C’est ainsi que naît le Musée de la Mer en 1980.

En avril 1999, le gouvernement du Québec a accordé à l’épave de l’Empress le statut de bien historique et archéologique. Elle est désormais à l’abri du pillage. Depuis ce jour, le Musée de la mer tâche de raconter au public cet épisode de l’histoire de la navigation au Québec. Ainsi, le musée perpétue le souvenir de l’Empress, de ceux dont il a transformé la vie et de ceux dont il a pris la vie.

Il y a 90 ans, la tragédie a rapproché les gens de Pointe-au-Père des passagers de l’Empress of Ireland. Dans un esprit de fraternité, la population de la région a alors prêté mains fortes aux rescapés du naufrage. Aujourd’hui, c’est dans ce même esprit de fraternité que Pointe-au-Père rend hommage à ceux dont les ancêtres ont remonté le St-Laurent. Vous faites partie de l’histoire de notre pays et de notre région. Nous sommes conscients de la valeur de l’héritage historique légué par vos ancêtres. Nous sommes fiers de leur rendre hommage en perpétuant leur mémoire. Pointe-au-Père n’oubliera jamais vos ancêtres. Pointe-au-Père ne vous oubliera jamais.

Je vous remercie tous pour votre présence à la journée commémorant le naufrage de l’Empress of Ireland.

 

Serge Guay, Directeur